vrijdag 6 mei 2011

mercredi 20 avril 2011

 Bethléem - Ramallah - Qalqilya

     Mercredi 20 avril 2011, le déjeuner est à nouveau pris avec retard.  Le départ, dans un bus plus petit cette fois, est donc lui aussi un peu tardif.  Direction Bethléem.  Place de la Nativité, visite de l'église du même nom.  Une messe – orthodoxe, paraît-il - est en cours dans le lieu où le Christ est supposé être né, nous n'y avons donc pas accès.  A côté de la vieille église, un bâtiment plus moderne construit au XIXe siècle par les Franciscains et un joli petit cloître.  Les Checkpoint Singers répètent d'abord sur l'esplanade devant l'église, pour donner ensuite un concert sur la place de la Nativité devant une tente dressée par des « indignés » palestiniens, mais vide d'occupants.  C'est notre première action en plein air, devant un public malheureusement très clairsemé (en fait, pratiquement personne).  Le bus nous reprend ensuite pour faire route vers Ramallah.

     Le trajet vers Ramallah traverse de superbes paysages arides, mais aussi des villages bédouins faits de tôles ondulées … et s'agrémente de nombreux embouteillages, qui donnent l'occasion aux chanteurs de chaque communauté (linguistique, s'entend) de plonger dans leur répertoire pour tuer le temps.  Avec quelques surprises à la clef.  Il faudra plus de trois heures pour faire 20 kilomètres !

Première étape : l'université Bir-Zeit. Est-ce à cause de notre retard ?  L'échange musical avec les étudiants et la rencontre avec des responsables de l'université tombent à l'eau.  Ce sera simplement un repas au restaurant universitaire (semblable, avec son agitation et sa nonchalance apparente, à n'importe quel autre restaurant de campus), suivi d'une petite séance de chants sur l'escalier du bâtiment principal de l'université.  Beau succès pour Al Rabayieh, mais sommes-nous sûrs que les spectateurs ne se moquent pas de nous ?

Nous devons ensuite rencontrer, à l'école de musique de l'association Al Kalmandjati, un responsable que nous ne verrons pas.  Désorganisation très méridionale (ou palestinienne?), qui se produira encore à d'autres moments de ce voyage.  Une volontaire italienne qui, comme on dit à Bruxelles, ne sait de rien accepte malgré tout de nous accueillir et de nous expliquer le travail de l'école, qui cherche à combiner étude de la musique et pratique des instruments et préservation du patrimoine musical arabe.  Les professeurs sont presque tous étrangers, les instruments proviennent eux aussi de donateurs étrangers.  Il faut croire, pourtant, que la désorganisation n'est pas totale : des musiciens de l'école ont bien reçu les partitions qui leur avaient été envoyées par courriel et un trio composé d'un percussioniste, d'un trombone et d'un violoniste nous joue une version très emballante de Bella Ciao – que nous reprenons en choeur (c'est le cas de le dire).

Ce qui nous marquera le plus dans notre visite à Ramallah, c'est notre passage à l'école palestinienne du cirque qu'anime une jeune Belge, Jessica De Vlieghere.  Jessica est venue en Palestine comme permanente de Solidarité socialiste, s'est prise d'affection pour le pays et ses habitants (surtout l'un d'entre eux, qu'elle a épousé et avec qui elle a un charmant bambin d'un an et demi, Nour, qui fait une apparition au bras de son père pendant que sa maman nous raconte son projet).  L'école palestinienne du cirque a connu des débuts difficiles, mais elle jouit aujourd'hui d'une renommée internationale.  Pour Jessica, la pratique des arts du cirque a surtout pour utilité de redonner confiance à des jeunes que tout, dans leur situation, amène à se sentir humiliés.  Les enfants qui suivent les cours et qui participent aux représentations sont transformés, et leurs parents conquis.  Mais les difficultés ne sont pas minces : la matériel est coûteux, l'aide de l'Autorité palestinienne est chiche.  Il y a aussi les jeunes – surtout les jeunes filles – qui quittent l'école pour des motifs religieux et une hostilité qu'elle sent grandissante de la part d'une minorité de la population.  Les cours que l'école organisait à Jenine ont dû cesser.  L'assassinat dans cette ville, deux semaines auparavant, de l'acteur et metteur en scène palestinien Julio Mer-Khamis n'est pas de nature à rassurer.  N'empêche : Jessica nous donne une belle leçon d'optimisme.

Direction la place des Lions, au centre de Ramallah, où nous sommes censés soutenir (en chantant, bien entendu) une manifestation de solidarité avec les rébellions du printemps arabe.  Ce que nous n'avions pas prévu, c'est que se déroule aux alentours immédiats de la place une grande manifestation … artistico-architecturale.  Le bus nous dépose au milieu d'un embouteillage monstre, il y a effectivement des véhicules de police partout, mais ce n'est pas pour ce que nous pensions.  Tant pis !  Nous nous glissons dans la foule qui accompagne d'immenses formes architecturales mobiles, nous parlons à une jeune Italienne qui étudie à l'ULB dans le cadre d'un programme Erasmus, les tentes des « indignés » arabes sont toutes petites dans un coin de la place et, bien sûr, il n'est pas question de chanter quoi que ce soit dans ces cortèges bruyants.

     De Ramallah, nous devrions nous rendre à Qalqilia, mais notre guide et mentor (Marco) d'une part, le chauffeur de l'autre, ne sont manifestement pas d'accord sur la route à suivre : par Naplouse ou par des routes plus petites ?  Le chauffeur l'emporte (de toute façon, c'est lui qui tient le volant et donc le pouvoir) mais nous n'arrivons à Qalqilia que bien après 21 heures, la nuit tombée.  Le repas du soir est prévu au Queen's, un restaurant installé au-dessus d'une station service, disons : de type fast food, si ce concept peut être transposé ici.  Le repas, cela étant, est excellent.  Vers 23 heures, le bus nous amène vers les trois appartements qui ont été loués pour deux nuits, où nous nous partageons l'espace tant bien que mal, trois choristes par chambre et trois autres dans chaque salon.  Le tout dans une joyeuse confusion, et dans les deux langues nationales.

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