dinsdag 3 mei 2011

samedi 23 avril 2011

Bethléem - Jérusalem - Beit Ommar

     Le samedi 23 avril 2011, nous quittons Deheishe très tôt, vers 8 heures du matin.  Le petit déjeuner, cette fois, était à l'heure !  Rendez-vous est pris une heure plus tard au Centre d'information alternative où Michel Warschawski, dit Mikado, fils du grand rabbin de Strasbourg, citoyen israélien, va nous exposer la situation actuelle de la Palestine.  Il commence par citer des extraits d'interviews donnés par Ariel Sharon, qu'il tient (la formule est évidemment provocatrice) pour un grand homme politique, c'est-à-dire quelqu'un possédant une vision à (très) long terme, au journal Ha'aretz.  L'objectif de Sharon, en l'occurrence, consistait à judaïser au maximum la Palestine.  Faute de pouvoir expulser les Arabes (ce qui heurterait l'opinion publique internationale), Israël les confine dans les villes et entoure ces villes de colonies, monopolise l'eau et les terres.  La hantise d'Israël, nous martèle Warchawski, ce sont les Arabes.  Warchawski nous détaille comment Israël est passé d'une géométrie à deux dimensions à une solution tridimensionnelle : routes, ponts et tunnels font que les territoires israéliens et palestiniens présentent une continuité dans l'espace, mais parfois purement verticale.  En d'autres termes, la population palestinienne est rassemblée dans des villes entourées de colonies de peuplement, reliées entre elles par un réseau de routes séparées – quitte à les faire se surplomber ou passer les unes en-dessous des autres, comme nous avons pu le constater lors de nos propres déplacements.  A l'inverse, nous signale-t-il, il n'y a plus d'aéroport à Ramallah mais il existe toujours un commandant de l'armée de l'air palestinienne. Tout cela dans un français parfait, images saisissantes à l'appui : le gruyère qu'est la Palestine, dont les enclaves (les villes) seraient les trous.

Mikado nous emmène ensuite pour un tour en bus autour de Jérusalem.  Nous voyons les colonies qui entourent la ville, Givat Ze'ev et Ma'ale Adumim.  On ne construit pas de nouvelles colonies : on se contente d'agrandir celles qui existent déjà.  Nous passons en Palestine, à Abu Dis où devait originellement s'installer le parlement palestinien – Israël a refusé, c'était trop près de Jérusalem, les locaux sont aujourd'hui occupés par l'université Al-Quds.  Après un petit café près de l'endroit où le mur israélien coupe brutalement l'ancienne route de la soie, nous retournons en Israël.

C'est à ce moment qu'Anne-Marie et moi avons quitté le groupe : nous devions repartir le jour même pour Bruxelles.  Nous n'avons pas eu de problèmes en passant les contrôles à l'aéroport, contrairement d'ailleurs à une jeune fille juste devant nous qui a dû, comme beaucoup d'autres, vider tout son sac sur un comptoir installé au beau milieu du hall.  Nous sommes rentrés à Bruxelles, pas tout à fait les mêmes qu'au départ.  Pas seulement à cause des infamies que nous avons vues en Palestine occupée; surtout, je crois, en raison de la dignité et de l'intelligence dont nos interlocuteurs témoignaient.  Mais aussi parce c'était une belle aventure collective; comme l'a dit un jour Marco, « la plus belle invention de l'humanité, c'est le groupe humain ».

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